Interférence qui dès le Moyen-âge, transforma cette ligne droite en triangle infernal!
Dès l'antiquité, la femme, dans nombreuses mythologies et non des moindres, eut cette image double, dualiste, manichéenne de la déesse mère, protectrice de la fécondité, de la famille, de la maternité, des enfants et celle de la femme vampire, déesse des carrefours, de la nuit, de la lune, et des sortilèges.
Bastet, la déesse égyptienne à tête de chat, protectrice de la femme et du mariage est aussi Shkemet, à tête de lionne, déesse de la mort et des pièges nocturnes.
Junon, l'épouse de Jupiter protège la mariée et ses enfants mais elle est une femme jalouse qui fait tuer par ses enfants Apollon et Diane tous les enfant illégitimes qu'engendre Jupiter, son mari volage.
C'est ainsi que Lamia la fille du roi Bélos eut ses quatre enfants assassinés.
Le chagrin en fit une Lamie, l'une des première vampires...
Jupiter en est la cause, la Diane chasseresse de la mythologie grecque, dès la nuit tombée, devient Hécate, la dangereuse déesse des maléfices nocturnes et qui se tient là où trois chemins se rencontrent...
Kali, la déesse de la vie chez les Hindous est aussi un être buveur de sang avide de chair fraîche.
Lilith, la première femme d'adam, pour cause d'insoumission fut chassée du jardin d'Eden et transformée en vampire...
L'homme, peut bien être déchiré entre la vision trouble qu'il a de la femme, compagne indispensable, pourvoyeuse de vie et perdant du sang, ce liquide vital, tous les mois tout en restant vivante, a du se construire au fil des ans et du rasoir un imaginaire conciliant l'inconciliable et incorporant l'image sinon la réalisation d'une femme en même temps séductrice et fatale, une Vamp avant l'heure.
Un être d'ont il fallait se méfier, forcément...
Les égyptiens et les grecs essayèrent de réconcilier ces deux images en apparence contradictoires et l'image et la situation de la femme s'en trouvèrent très légèrement améliorées. Les trois gorgones, Euryale, Méduse et Sthéo, ces affreuses sorcières à chevelure de serpents et qui transformaient tous les hommes qui osaient les regarder en pierre, étaient à l'origine trois belle jeunes femmes, gardiennes du temple d'Athéna, vestales et donc vierges.
Poséidon, le dieu de la mer entra un jour dans le temple trouvant Méduse à son goût, la viola.
Athéna, accourt et fait par de son courroux mais que voulez-vous qu'elle fit contre son oncle, le frère de son père Jupiter.
Elle ne trouva rien de mieux que de transformer la victime et les deux témoins impuissants en monstres cherchant en même temps à effacer toute trace du crime de son oncle divin.
Les trois s½urs qui s'évertuent en vain à raconter leur histoire transforment donc tous leurs interlocuteurs en statue de pierre, rendant ainsi impossible la propagation de leur histoire. A l'origine de l'apparence horrible de ces trois femmes, il y a néanmoins le crime d'un dieu à apparence humaine et le symbole que le viol peut laisser des traces indélébiles
Certaines coutumes funéraires chères aux tribus vikings et à l'église catholique médiévale renversèrent la tendance et la femme se trouva ainsi plongée dans un enfer terrestre qui n'eut rien à envier à celui que représentait Jérôme Bosch dans ses tableaux les plus sombres. Cette situation allait durer quatre siècles. Chez certaines tribus suédoises, la mort du chef donnait lieu à des funérailles impressionnantes, sinon grandioses. On tirait le bateau du défunt sur la plage, on le remplissait de cadavres de chevaux, de b½ufs, et de chiens coupés en deux, on y entreposait de la viande, du vin, du pain, des oignons, des aromates, ainsi que le cadavre d'une jeune esclave préalablement violée par six « guerriers ». Pour finir on incendiait le navire. Cette cérémonie garantissait au mort un passage sans encombre vers l'au-delà. Les textes n'indiquent pas si la jeune esclave y trouvait son compte...
Dans l'antiquité, la numérologie, une forme d'astrologie par les chiffres, mise au point par Pythagore, avait aussi tendance à donner un mauvais rôle aux représentantes du sexe dit faible. Le chiffre deux, celui du mal, était attribué à une femme. Les forces occultes cautionnant ainsi une forme de misogynie qui allait culminer avec les procès en sorcellerie qui commencèrent au 12ème siècle en Espagne et au pays basque Français pour trouver leur point d'orgue après la guerre de cent ans...
Les premières femmes condamnées au bûcher furent accusées d'être seulement des hérboristes et des jeteuses de sorts. Mais dès le début du Moyen-âge, les graines du mal sont semées et le poison de la haine contre les femmes, plus insidieux et dangereux que celui de l'alcool, est servi sans modération aux fidèles.
St Jean Crysosthome n'a-t-il pas dit de la femme (question rhétorique) : « sale pourriture qui tire sa vie d'une semence immonde » ? L'épître aux galates stigmatise aussi le mariage en ces thermes : « le mariage fait des couples corrompues et répugnants ». Comme pour la pomme dans le jardin d'Eden, dans la responsabilité du rapport amoureux et charnel, l'anathème est jeté sur la femme seule, l'homme étant exempt de tout reproche.
